lundi 22 mai

DENIS ROBERT : UN HOMME (TROP) SEUL

Villepin, Sarkozy, Alliot-Marie, Strauss-Kahn, Chevènement, Gergorin, Rondot. Coups tordus, règlements de comptes, soif du pouvoir, le corbeau croasse et la caravane passe... Voilà ce qu'est devenu l'affaire Clearstream. Un scénario à la Dallas alimenté au fur et à mesure par les publications d'une presse qui a complètement mis de côté les enjeux de cette histoire au profit d'une médiatisation politico-judiciaire lobotomisante.

Pendant ce temps un homme seul s'évertue inlassablement à faire passer son message. L'animal est tenace. Contre vents et marées il remonte le courant du puissant fleuve de la finance internationale, trace sa route à coups de révélations acérées à travers l'épaisse jungle économique, escalade sans relâche la grande montagne du secret bancaire. Et pour paraphraser un certain Jean-Pierre, la pente est raide. La route par contre est tout sauf droite.

Depuis plusieurs années maintenant Denis Robert dénonce le fonctionnement d'un système susceptible de servir de machine à laver l'argent sale à l'échelle de la planète. Clearstream comme il le dit, c'est La banque des banques. Une machine bien huilée, fonctionnant selon ses propres règles, invisible, indétectable, ce que le héros de son livre "La domination du monde" appelle "l'antifinance", en comparaison avec les 90% de la matière qui composerait l'Univers et qui n'émet pas de lumière. Le côté obscur de l'économie mondiale en quelque sorte.

Les révélations de Denis Robert auraient dû faire l'effet d'une bombe. Son enquête aurait dû être reprise par ses confrères journalistes, publiée et expliquée au grand public. Mais non. On préfère s'attaquer à l'homme. Mettre en doute la pertinence de ses sources, le traiter de paranoïaque, voire le soupçonner d'être lui-même le fameux corbeau. A croire que la liberté d'expression fait peur, surtout quand elle s'exerce aux dépens des grands argentiers internationaux. On comprend mieux pourquoi à la question "Que peut-on vous souhaiter?", Denis Robert répond "Euh... des vacances...".

Posté par gorgoh à 17:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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